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La rupture des ligaments croisés

La rupture des ligaments croisés une des causes les plus fréquente de boiterie postérieure chez le chien.


Et pour cause : Aucune race n’est épargnée. La prévalence chez certaines dépasse 5% des individus (100 fois plus que chez l’homme)


Pourquoi c’est si fréquent ?


Les ligaments croisés se trouvent à la jonction entre le tibia et le fémur et sont positionnés en forme de croix (d’où leur nom).


On en distingue 2 : Un crânial (ou antérieur) et un caudal (postérieur).


Ils permettent de stabiliser le genou, qui est une articulation extrêmement sollicitée. Que ce soit en position statique ou dans le mouvement. Sa biomécanique génère en permanence des forces qui sollicitent ses ligaments, notamment lors de l’appui et les changements de direction.


Contrairement au cheval, le chien ne dispose pas d’un mécanisme anatomique spécialisé qui verrouille passivement l’articulation du genou pour maintenir la posture debout sans effort musculaire.

Le plus souvent, c’est le ligament antérieur qui est touché car c’est le plus sollicité.


Malgré ça, on semble retrouver certaines races prédisposées :

  • Labrador

  • Terre-neuve

  • Boxer

Sont les races couramment touchées et des données suggèrent une composante génétique. L’impact génétique semble présent mais modéré (estimé à 27% à 50% de transmission génétique du risque). L’environnement et d’autres facteurs peuvent aussi expliquer la prévalence sur ces races.

  • Saint-Bernard

  • American Stafforshire Terrier (Am Staff)

  • Rottweiler

  • Akita

Sont d’autres races communément atteintes.


Nuance à noter : Les races recensées comme les plus atteintes semblent aussi être les plus populaires et/ou les plus médicalisées, donc ce n’est pas forcément une représentation réelle des races à risque.


Facteurs associés


En plus des différentes races énoncées, d’autres prédispositions sont mises en évidence. Cependant, une causalité claire n’a pas été mise en évidence, il semblerait que les causes soient multi-factorielles et que certains profil de chiens reviennent plus régulièrement.


Les chiens en surpoids sont sur-représentés dans les individus atteints.


Certaines conformations anatomiques favorisent cette pathologie : Aplomb varus, pente du plateau tibiale, largeur des surfaces articulaires,..


→ Des facteurs biologiques peuvent aussi impacter : Les individus de 7 ans et + sont plus touchés, les chiens stérilisés (surtout précocement) sont plus à risque.


→ Un chien ayant déjà été atteint sur une patte est plus susceptible de finir par être atteint sur l’autre.

Il n’existe pas UNE cause. L’atteinte dépend d’un contexte combinant plusieurs facteurs... et parfois aucun (c’est le cas de la rupture traumatique).


⚠️ Un chien prédisposé peut ne jamais être touché, comme un chien sans facteurs de risques peut être atteint !


Différents contextes d’apparition


On reconnait aujourd’hui trois catégories


Avulsion → Plutôt chez le jeune chien. Le ligament n’est pas rompu mais le bout de l’os sur lequel il est inséré se détache.


Rupture dégénérative → Le ligament perd progressivement son élasticité et sa résistance, jusqu’à la rupture.


Rupture traumatique → Suite à un effort brutal ou un choc : Saut, mouvement de pivot brusque (attention aux jeux de lancer excessifs). Parfois l’atteinte peut aussi toucher d’autres ligaments du genou (le croisé caudal ou les collatéraux).


Il est difficile de distinguer la rupture traumatique de la rupture dégénérative. → Un choc peut faire rompre un ligament qui était déjà en dégénérescence.


Et si ça arrive comment on le sait ?


Certains signes peuvent vous mettre la puce à l’oreille.


Boiterie sur un postérieur, de grade variable, d’apparition brutale ou progressive.

Douleur : Réticence à se promener, jouer, sauter..

Difficulté à s’assoir droit ou se relever de la position assise.

Si la prise en charge tarde, on peut observer un épaississement palpable autour de l’articulation (développement d’arthrose, ou fibrose) et une fonte musculaire sur le membre atteint.


L’importance de consulter


Des tests articulaires, comme le test du tiroir, sont pertinents pour suspecter l’atteinte...

MAIS L’avis d’un vétérinaire est INDISPENSABLE.


C’est la seule personne en capacité de poser un diagnostic précis et proposer un plan de traitement. Personne d’autre ne peut le faire.


C’est une pathologie très bien prise en charge. Les résultats de chirurgie sont très bons dans près de 85% des cas.


Les traitements conservateurs (sans chirurgie) ne sont pas recommandés chez le chien au vu de la biomécanique particulière du genou.


C’est une pathologie fréquente, mais pas inévitable !


Quelques tips de prévention


Garder une activité régulière. Un corps musclé et actif réduit la risque d’instabilité articulaire et de blessures.

Faire attention au poids et éviter vraiment le surpoids.

Limiter les activités à risque : Lancé de balle, course poursuite, jeux brusques, sauts sur sol glissant (attention aux descente de canapé et jeux en intérieur)

Privilégier des activités controlées : Marche, traction, nose work, randonnée, balade en terrain varié... Et dans le cadre d’une activité sportive spécifique, on adapte l’intensité au niveau du chien.


Quelques sources :

- Romain Martin. Facteurs de risque associés à la rupture du ligament croisé crânial chez le jeune chien :

étude rétrospective sur 326 cas présentés au ChuvA entre 2015 et 2021. Médecine vétérinaire et santé

animale. 2023. dumas-04214034

- Comerford et al. 2011. Update on the aetiopathogenesis of canine cranial cruciate ligament disease.

- Beom-sok Seo et al. 2024. Prevalence of canine cranial cruciate ligament rupture and prognosis depending on tibial plateau angle: A retrospective study.

- Brioschi et al., 2021. Cranial Cruciate Ligament Rupture in Dogs: Review on Biomechanics, Etiopathogenetic Factors and Rehabilitation.

- Wilke et al., 2006. Inheritance of rupture of the cranial cruciate ligament in Newfoundlands.

- Baird et al. 2014 Genome-wide association study identifies genomic regions of association for cruciate ligament rupture in Newfoundland dogs

- Hayward et al. 2019. Genetic mapping of distal femoral, stifle, and tibial radiographic morphology in dogs with cranial cruciate ligament disease

- Baker L.A. 2017. Epidemiology of Cruciate Ligament Rupture. (Advances in the Canine

Cranial Cruciate Ligament. Peter Muir, pages 109‑114)

- Baker L.A. 2017. Genome-wide association analysis in dogs implicates 99 loci as risk variants for anterior cruciate ligament rupture

- Nielen et al. Heritability estimations for diseases, coat color, body weight, and height in a birth cohort of Boxers.

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